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23 Nisan 2010

Des bouchons sur Çırağan Caddesi, des klaxons persistants, une chaleur croissante à l’intérieur du bus. Cette journée du 23 avril, Fête des enfants dans toute la Turquie, débute bien mal. Ce boulevard d’Istanbul étant un lieu privilégié des chauffeurs en manque de trafic, je ne m’étonne qu’à moitié de l’allure avec laquelle le paysage défile. Si l’espace prend plaisir à s’immobiliser, le temps, lui, continue sa marche en avant et avance minute après minute l’heure de départ du vapur (bateau/navette reliant les différents embarcadères de la ville) qui m’attend sur le quai de Kabataş.

Les gens s’impatientent. Certains vont et viennent entre le bus et ce qui semble être la cause du problème. Avec mon turc approximatif, j’en demande un peu plus au chauffeur. “Trafik yok. Bomba var“. Comprenez : une alerte à la bombe va m’empêcher de me rendre à bon port. À peine le temps pour mon organisme bouillant de produire quelques gouttes de sueur que tout rentre déjà dans l’ordre. Je quitte la terre ferme à 11h15 en direction Büyükada, une des îles au Prince, à 20km d’Istanbul.

D’emblée, mes espoirs de solitude, de calme et d’air frais sont étouffés d’une part, par la température intérieure du vapur et d’autre part, par la densité incroyable de visages oppressants. Et moi qui considérais comme originale l’idée de passer la Fête des enfants sur Büyükada (littéralement la grande île)…

Si la chaleur n’est plus un problème sitôt arrivé, la quantité de population venue en masse profiter du jour férié continue de nuire. Elle a un air de déjà vu, de trop stamboubliote. S’ajoutent à cette foule les touristes et pèlerins se rendant à l’église orthodoxe Haghia Yorgi (Saint George). Les férus de dates et de théologie auront tout de suite noter que le 23 avril, en plus donc de fêter les enfants turcs, célèbre saint George, patron de la maison orthodoxe. Voici ce qui explique une telle surpopulation…

Une fois le calme trouvé loin des routes bondées, un véritable festin accompagne cet après-midi de beau temps et de verdure. Les reflets de la Mer de Marmara, reliant la lointaine côte asiatique aux diverses îles perdues dans ce vaste paysage bleu, viennent colorer des paysages proches de ceux rencontrés en Provence. Un petit parallélisme pour que vous puissiez, l’espace de vagues souvenirs, imaginer ce que j’ai pu apprécier, entendre et sentir, en ce 23 avril.

Aucune analogie ne pourrait en revanche suffisamment vulgariser le trajet me ramenant à Istanbul. Assis à l’extérieur du vapur, face à un soleil ayant entamé sa lente descente, j’observe attentivement les silhouettes des bateaux de plaisance et des cargos. Comme pour mieux nous ramener, des mouettes, des cormorans mais aussi des dauphins côtoient le sillage produit par les hélices, dont on oublie soudainement le bruit. Le regard perdu sur la vingtaine d’ailerons jaillissant du fond des mers, j’oublie paisiblement les soucis de début de journée…

S.

2 réponses

  1. Tonnerre de Brest, il y a du Tintin dans ce belge-là!
    Je ne me remémore plus bien l’aventure mais je reconnais bien le vapur dessiné par Hergé…
    A suivre …/…

  2. No May news?

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