Voici deux mois qu’il berce mon quotidien. Deux mois que les petites vagues de son lit me rendent silencieux. Un rien impressionne le touriste, certes, mais tout de même, la récurrence démontre bien tout la mysticité du cours d’eau. Depuis la terrasse de l’université de Galatasaray où je bois mon çay (thé), je tente de me représenter réellement l’immensité du Bosphore, aussi bien historiquement que géographiquement. Vous savez bien, ces moments durant lesquels, le regard fixe et perdu, vous vous voyez parcourir les siècles ou prendre une altitude vertigineuse.
Alors me voilà, penseur, assis sur un banc. Seule la chaleur peu agréable du gobelet me rappelle qu’il ne me reste plus que quelques minutes avant le début de mon prochain cours. Oh, et puis qu’importe, vu les standards de la maison. La notion de retard étant ici très approximative, quelques minutes de plus à faire refroidir mon thé ne dérangeront personne…Et puis, devant moi, caché sous ces multiples petites ondulations marines se cachent tout de même de gros traits jaunes, symboles ô combien connus de tout cartographe. Car oui, le Bosphore fait parti de ces frontières à être naturelles et matérielles.
Alors, excepté cette marque invisible que toute carte Michelin fluote, que sépare réellement notre bonne vieille Europe et l’orientale Asie? Et bien, tout un tas de chose. Tout d’abord, une certaine distance. Ainsi, si par endroit seuls 500 mètres vous sépare des parfums asiatiques, à d’autres, 3 kilomètres d’eau viendront s’imposer entre vos sandales made in germany et les exotiques babouches orientales tant convoitées.
Au delà de l’aspect purement kilométrique, certaines espèces peuplent les eaux peu profondes et polluées du Bosphore. Étonnamment, les plus visibles sont les méduses dont la densité effraye souvent les personnes peu férus de vie aquatique. Inutile donc de souligner qu’une certaine dose de courage, ou de folie, est nécessaire à un petit barbotage eurasiatique… mais pour quelle récompense!
Car après avoir enduré les brûlures multiples des visqueux résidents et évité les innombrables hélices d’une circulation incessante (de la petite barque à l’immense cargo), vous aurez peut-être le privilège de nager en compagnie de dauphins en transit entre les mers Noire et de Marmara. C’est aussi ça la magie de Bosphore…
S.
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C’était donc vrai, les dauphins!
Tu aurais douté de mes sources? Je suis allé à bonne école tu sais….
Vu du plus franchouillard Sud-ouest , cela semble du Pierre Loti, du Jack London voire, aux lalitudes près, du Paul-Emile Victor…
Merci pour ce beau dépaysement…
Pan sur le bec, une coquille…. certes errare humanuml est…
et dire que je voulais réagir sur la partie qui n’est pas le parti !
nobody is perfect…