C’est à l’occasion du vernissage de son exposition dans une petite galerie de Cihangir que George Wolinski nous a accordé un peu de son temps. Allure de bonhomie et grosses lunettes noires décrivent parfaitement ce dessinateur français qui, depuis longtemps, colore les pages de nombreuses revues telles que Hara-Kiri, l’Humanité ou encore Paris-Match.
Si Wolinski expose (et vend, par la même occasion) à Istanbul, ce n’est pas un hasard tant son amour pour cette ville n’est pas nouveau. « J’étais déjà venu rapidement, il y a vingt ans, pour être membre d’un jury. Puis, il y a huit ans, quelques collègues de Charlie Hebdo et moi-même avons été invités par le magasine LeMan. Tout a un peu commencé là, nous confie-t-il à l’écart d’un public à grande majorité francophone. J’y ai non seulement trouvé des confrères mais surtout des amis.» Ainsi, nous retrouvons dans son précieux cercles d’amis la fameuse caricaturiste du journal Radikal, Ramize Erer. Élogieux à son propos, George Wolinski déclare d’ailleurs qu’elle « va aussi loin dans le choquant que (lui), bien qu’elle soit Turque. »
Connu pour ses dessins à connotation coquine, le dessinateur regrette cependant que son nom soit uniquement associé à cette étiquette érotique : « Étonnamment, la majorité de mes œuvres dessinées aborde des sujets politiques. Malheureusement, contrairement au cul (sic), la politique n’est pas un domaine compréhensible par tous. » Une raison qui explique d’ailleurs le contenu de l’exposition de Cihangir où une majorité de femmes dénudées et sans complexe côtoie quelques carnets de route reflétant, aussi bien dans le dessin que dans le texte, la dure réalité installée aux quatre coin du monde.
Son imagination inépuisable et son regard critique sur les choses de la vie sont ses deux principales sources d’inspiration. Malgré les années, il continue à user ses mines sur des sujets variés et divers et n’imagine pas arrêter un jour. « J’ai et j’aurai toujours quelque chose à dire ou plutôt à dessiner, sourit-il. Nous autres, les humoristes, nous expliquons l’inexplicable, nous dessinons ce que personne n’ose dire ou écrire. Notre art, c’est de surprendre, de choquer et de faire réfléchir. » Voici trois choses qu’il maitrise à merveille…
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Comme quoi, il n’y a pas que le poids des mots et le choc des photos…. Napoléon le disait déjà!
Jolie et marquante rencontre en tous cas…